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Le chemin de la femme sauvage – Chronique littéraire #2

Arlene Dahl, The diamond Queen

 

Tu vas devenir un cimetière

de toutes les femmes que tu as été un jour

avant que tu te lèves un matin

étreinte par ta propre peau

 

Tu vas avaler

mille noms différents

avant que tu goûtes au sens

contenu à l’intérieur du tien

 Pavana Reddy

 

The wild woman’s way : unlock your full potential for pleasure, power and fulfilment

The wild woman été publié récemment et n’a donc pas de traduction. En français, je pense que ça donnerait quelquechose comme : Le chemin de la femme sauvage : exploite ton plein potentiel de plaisir, pouvoir et épanouissement

 

Qui est Michaela Boehm ?

 

D’origine autrichienne, Michaela Boehm est une experte en intimité et en sexualité mondialement reconnue.

Michaela a su très tôt dans sa vie qu’elle voulait devenir une sorcière. A 12 ans, elle se voyait avec une maison dans la campagne, entourée d’animaux. Elle s’imaginait avoir un grand jardin, où elle préparerait et délivrerait des potions et des sorts pour guérir les femmes qui frapperaient à sa porte. Quelques dizaines d’années plus tard, son souhait s’est réalisé, puisqu’elle vit dans une ferme en Californie avec ses animaux. Elle allie son expertise en psychologie et sa pratique approfondie du yoga, pour aider les femmes et les hommes à accroitre leur intimité et prolonger leur attraction.

 

La femme sauvage : qui est-elle ?

 

On a tendance à s’imaginer la femme sauvage comme cette femme folle, non civilisée et qui ne sait pas se tenir. En fait, Michaela nous propose de voir la femme sauvage comme une partie de nous qui est « profondément connectée à la nature dans son intégralité, y compris à son corps, dont elle prend soin et qu’elle utilise comme un instrument de perception ».

On a toutes en nous une femme sauvage et elle se manifeste de manière unique chez chacune de nous. C’est un privilège qui nous a été donné à notre naissance.

La femme sauvage est un archétype. Elle « émerge de l’inconscient et rentre en jeu quand le contexte le justifie. Elle est le portail vers une confiance naturelle, à travers laquelle nous comprenons qu’on ne doit pas devenir quelqu’un d’autre pour être aimée. Que qui nous sommes est absolument parfait et que chacune de nous est née avec un génie naturel qui peut être révélé et éclore à l’aide de l’intelligence originelle de notre corps».

 

Qu’est-il arrivé à la femme sauvage qui est en nous ?

 

A la fois libre et confuse : le paradoxe de la femme occidentale moderne

 

On n’a jamais eu, en tant que femme, autant de choix et d’opportunités pour créer et décider de notre propre vie. Et en même temps, notre corps, lui, est resté le même, avec un fonctionnement qui lui est propre. Il est donc clair qu’un jour ou l’autre, il nous faudra faire des concessions.  Mais ce n’est pas de l’avis de notre société, qui nous assure qu’on peut tout faire et tout avoir :

« Même si on dispose d’une abondance de choix, il y a des pressions subtiles (et parfois pas si subtiles) de la société, du dogme spirituel et communautaire, de notre propre système de croyances et de nos habitudes qui nous disent qu’on doit être Superwomen pour être aimées »,

« On nous dit que la carrière et l’indépendance sont de la plus haute importance, mais en même temps, la beauté et la jeunesse sont célébrées comme étant la réalisation ultime. Nous avons été amenées à croire que nous pouvons être tout, dans tous les domaines ; les messages viennent maintenant non seulement des magazines féminins et des réseaux sociaux, mais aussi des femmes de succès elles-mêmes.

Des femmes d’affaires ont écrit des livres sur comment elles ont gravi les échelons, tout en partageant les responsabilités parentales avec leur partenaire, performant lui aussi. Le message délivré est que nous pouvons avancer notre carrière et que nous ne devrions pas être retenues par notre souhait d’avoir des enfants ou une relation. Et qu’avec de la discipline (…), nous pouvons accomplir tout ce qu’un homme peut faire et ce, tout en mettant nos enfants au lit à la fin de la journée »,

« D’un côté, nous devons nous conformer aux standards de morale et être une bonne fille (…) D’un autre côté, nous voyons des icônes de la culture pop célébrées parce qu’elles s’habillent et agissent comme des stars pornos ».

« D’un côté, nous sommes censées avoir le pouvoir sur notre expression sexuelle, alors que d’un autre, il persiste toujours des messages sur le fait que reconnaitre son propre plaisir est frivole et fait de nous des trainées. Et que les hommes couchent avec « ce » genre de femmes, les prostituées, mais veulent se marier avec les madones, c’est-à-dire les mères capables, fiables qui sont aussi compétentes ; des femmes d’affaires redoutables, même, qui en quelque sorte devraient se transformer en créature sauvage une fois dans la chambre ».

Michaela expose particulièrement bien la confusion que ces messages peuvent créer en nous, puisqu’elle l’a elle-même vécu :

« J’ai eu le privilège d’avoir plus d’options que jamais, mais en même temps, j’ai commencé à prendre conscience que je portais toujours en moi l’impératif biologique de porter et d’élever des enfants. Je voulais faire trop de choses et je n’arrivais pas à savoir lesquelles je voulais vraiment. J’ai réalisé alors qu’il était impossible d’avoir une carrière, d’élever ses propres enfants soi-même, d’avoir une vie spirituelle, de voyager, d’être créative et de maintenir des relations sexuelles profondément intimes, sans être complètement coincée. Non seulement il y a un nombre d’heures limité dans une journée, mais certaines exigences sont inconciliables ».

 

Que se passe-t-il quand on intériorise ces messages divergents et qu’on en fait des standards à atteindre ?

 

On devient victime de ce que Michaela appelle le syndrome de la superwoman. On ne sait plus qui on est, on devient totalement coupée de notre corps, de notre instinct naturel. On rentre dans un cercle vicieux, on croit que si on fait un peu plus, on finira bien par se sentir radiante et attirante. Ce qui ne fait que nous rendre plus triste et amère.

A travers sa propre expérience et celle de ses nombreuses clientes, Michaela nous montre comment le fait de vouloir tout faire et tout avoir nous coupe de notre féminité et nous dépolarise dans nos relations intimes. A force d’être dans l’action et dans notre tête, on reste bloquée dans notre côté masculin et il nous devient impossible de basculer vers ce qui est naturel pour notre corps : le plaisir, la douceur et la fluidité. Les relations romantiques deviennent difficiles parce qu’il n’y a plus de place pour l’homme dans la relation.

Malgré tout, la bonne nouvelle, c’est qu’on peut avoir la vie et les relations qu’on veut … à condition qu’on sache réellement qui on est.

Et c’est en révélant notre femme sauvage qu’on le découvre.

 

Comment révéler la femme sauvage qui est en nous ?

 

Le chemin de la femme sauvage est un retour vers notre corps :

« La solution ne consiste pas à ajouter quelque chose à nos corps, ou les améliorer, ou à courir après un idéal externe. Elle consiste à se rappeler que notre corps n’est pas juste un véhicule qui doit être entretenu ou discipliné pour qu’on puisse fonctionner. Il est plutôt une source puissante de pouvoir, d’intuition, d’émotions, et de plaisir abondant ».

Pour cela, Michaela nous propose de nous dépouiller de nos anciens schémas de pensées et de créer de nouvelles habitudes, grâce notamment à sa pratique de mouvements non linéaires. Le livre se veut très pratique et adapté à notre vie moderne. Une section entière est dédiée à des exercices qu’on peut incorporer très facilement à notre quotidien. Le but n’est pas de rajouter des choses à faire, mais plutôt de changer petit à petit notre intention dans toutes les petites choses qu’on fait.

Ce qui fait l’originalité et la puissance de sa méthode, c’est qu’elle couvre trois aspects de notre fonctionnement : la compréhension cognitive, la raisonnance émotionnelle et l’apprentissage somatique. Ses exercices permettent d’aller à la racine des différents problèmes qu’on peut rencontrer et de modifier nos habitudes pour de bon.

Un exercice très simple que Michaela propose est de prendre 5 minutes chaque jour pour laisser bouger notre corps comme il en a envie. L’idéal est d’écouter une chanson sans paroles, de fermer les yeux et de se laisser aller. Laisser le corps faire ce qu’il veut, sur le moment et surtout de manière non structurée. Parfois, il n’aura envie de rien faire et c’est OK. Petit à petit, des émotions vont surgir et souvent, ce sont des émotions auxquelles on ne s’attend pas. En fait, c’est la manière qu’a notre corps de se décharger et de nous communiquer ce qu’on ressent vraiment.

En se relaxant et en bougeant notre corps de manière non structurée, on libère petit à petit notre énergie bloquée, pour revenir à notre vraie nature. On se rend compte que le plaisir est notre essence en tant que femme :

« Quand nous revenons aux sensations de notre propre corps, nous réalisons qu’en tant que femmes, nous sommes créées pour une vie sensuelle. Quand nous revenons à nos cinq sens, nous gagnons inévitablement une conscience riche et sensuelle qui englobe tous les aspects de notre vie ».

 

Ce que j’ai pensé du livre

 

Michaela est la tante qu’on aimerait toutes avoir ! Ce qui m’a le plus marqué dans sa personnalité, c’est qu’elle est extrêmement bienveillante et ouverte d’esprit. Elle décrit les choses comme elles sont, sans tabou et en même temps, elle ne juge pas, elle ne donne pas de recette miracle. Elle propose, non pas une guerre mais une danse des genres, où chacun honore ses différences.

Elle nous donne envie d’aimer notre corps de femme. La manière dont elle le décrit, tout au long du livre, m’a fait prendre conscience de sa beauté et de sa complexité.

Michaela a su mettre les mots sur un malaise que j’ai moi-même longtemps ressenti et que j’ai observé chez de nombreuses femmes. Le sujet de la femme est devenu très tabou dans notre société. Personne n’ose vraiment aborder les questions profondes comme le tiraillement qu’une femme peut ressentir entre son envie de faire des enfants, d’être présente pour eux et l’énergie que demande une carrière. On nous assure qu’on peut tout avoir mais on finit bien par découvrir avec l’expérience que ce n’est pas possible. On devient désorientée, triste, aigrie et on ne comprend pas pourquoi on se sent aussi mal alors qu’on a tout fait « comme il le fallait ».

The wild woman’s way m’a permis de prendre conscience qu’il n’existe pas une seule féminité. C’est extrêmement libérateur de comprendre qu’il n’y a pas de case à cocher ou de critères à remplir. La façon dont elle se manifeste en chacune de nous est unique et c’est ce qui fait notre magnétisme.

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