Stratégie de rencontres

Comment grandir dans une famille dysfonctionnelle peut impacter ton rapport avec les hommes ? (Partie 1)

« Les grands maîtres comprennent que d’où nous venons affecte où nous allons, et que ce qui demeure non résolu dans notre passé influence notre présent. Ils savent que nos parents sont importants, peu importe si leur éducation est bonne ou pas. Il n’y a aucun moyen d’y échapper. L’histoire de notre famille est notre histoire. Que nous le voulions ou non, elle réside à l’intérieur de nous-même. » It didn’t start with you, Mark Wolynn

Te retrouves tu sans cesse à répéter le même schéma relationnel ?

Es-tu envahie par tes émotions à chaque fois que tu veux explorer un niveau d’intimité plus profond ? 

Tu sais qu’il y a un quelque chose, parce que tu es victime d’émotions que tu ne peux pas contrôler et expliquer de manière rationnelle. C’est comme si tu étais forcée par une entité à l’intérieur de toi-même, quelque chose qui échappe complètement à ton contrôle. 

Mais tu n’arrives pas à mettre le doigt dessus. 

Du coup, 

        Tu vas chercher des réponses là où tu as l’habitude de regarder,

        Tu te concentres sur ce qui, selon toi, ne t’as pas été donné pendant ton enfance,

        Tu essaies de te rassurer avec de la nourriture, du sexe, du shopping ou des activités abrutissantes.

Mais gérer le problème de cette façon améliore rarement les choses. Sans connaitre l’origine du problème, tu continues à avoir les mêmes pensées, les mêmes réactions, encore et encore.

Ce n’est pas vraiment la répétition du schéma qui est problématique, parce que si tu avais des relations satisfaisantes, tu ne voudrais probablement pas changer. Le problème vient de tes projections à la base de ces répétitions, et plus précisément de l’image que tu projettes.

   Nos relations sont le résultat de nos projections 

On passe 95 % de notre journée dans un état inconscient*, à projeter sur les autres des images qui nous ont été fixées très tôt dans notre vie. 

La façon dont on a été éduqué, 

La relation qu’ont eu nos parents, 

La relation qu’on a avec nos parents…

 …créent un schéma qui nous permet de gérer nos émotions, nos pensées et notre comportement. 

Comme on n’est pas consciente de nos projections, la seule chose dont on s’aperçoit, c’est le résultat de nos actions, c’est-à-dire nos expériences avec les hommes : 

Si nos relations avec les hommes sont épanouissantes,

Si on se sent bien en leur présence,

Si on éprouve pour eux un respect et une admiration sincères,

Ca veut dire que l’image qu’on projette sur eux nous soutient dans l’atteinte de nos objectifs relationnels. 

Mais si on attire constamment des hommes qui nous abusent d’une façon ou d’une autre,

Si on voit les hommes comme des adversaires,

Si on a des difficultés à baisser nos gardes quand on est autour d’eux,

Alors, il se pourrait qu’à travers cette situation, notre inconscient cherche à nous faire prendre conscience d’un traumatisme qu’on aurait vécu dans notre enfance.

Stephanie, une journaliste au début de la trentaine, est une femme séduisante et élégante. Elle n’a aucun problème à attirer l’attention des hommes, mais elle tombe dans le même schéma relationnel avec chacun de ses partenaires : 

Voici ce à quoi son schéma ressemble : 

Stéphanie tombe systématiquement amoureuse d’hommes puissants et non conventionnels, qui semblent romantiques et profondément amoureux d’elle, mais qui, avec le temps s’avèrent être plutôt égocentriques. 

Sa relation la plus récente était avec Nicolas, son ex-mari.

La première fois que Stéphanie a rencontré Nicolas, un brillant politicien, celle-ci a tout de suite éprouvé une forte attirance envers lui.  Pour elle, Nicolas avait toutes les qualités qu’elle cherchait chez un homme. Elle le trouvait plein de surprises, à la fois très séduisant et sophistiqué. Au début de leur relation, Nicolas la couvrait d’attention, en lui offrant des cadeaux et en passant beaucoup de temps avec elle. Mais au fil des mois, Nicolas est devenu de plus en plus distant et Stéphanie est devenue de plus en plus obsédée et consumée par lui. De nombreuses personnes qui connaissaient Nicolas et qui tenaient à Stéphanie l’avaient alertée sur la promiscuité sexuelle de celui-ci. Mais Stéphanie leur a guère prêté attention. Des comportements qui auraient été perçus comme un drapeau rouge par d’autres femmes étaient pour elle de charmantes excentricités. Elle pensait qu’elle serait celle qui le changerait. Pour elle, il était le bon et elle aurait fait n’importe quoi pour avancer leur relation. « Après tout ce que j’ai fait pour lui – pensait-elle – il doit me demander en mariage. » 

Après une année passée à se fréquenter, S & N se sont enfin mariés et Stéphanie a commencé à le voir pour qui il était vraiment. Nicolas est vite retourné à ses anciennes habitudes. Il ne pouvait pas lui donner l’attention qu’elle désirait désespérément. Il était trop occupé à avoir des relations avec d’autres femmes. 

Ses illusions se sont brisées. Nicolas n’était pas aussi romantique qu’il le semblait. Il n’était pas aussi fort et masculin qu’elle l’imaginait être. Il ne changerait jamais pour elle.

Totalement dévastée, Stéphanie a fini par demander le divorce. 

Les montagnes russes émotionnelles que Stéphanie traverse, ses fantaisies romantiques suivies de désillusions sont la conséquence de l’image qu’elle projette sur les hommes. 

Si notre relation avec nos parents était saine, si nos besoins émotionnels étaient remplis, on projette normalement sur les hommes les expériences positives qu’on a eu avec nos parents. Cependant, si pour une raison ou pour une autre, nos besoins émotionnels n’étaient pas remplis pendant notre enfance, on projettera nos expériences négatives, afin de recréer la situation et cette fois ci, « faire les choses bien ». De cette façon, on peut obtenir de l’homme avec qui on est ce que nos parents ne nous ont pas donné et on se prouve à soi-même qu’on est assez. 

Beaucoup de personnes ne sont pas conscientes qu’elles viennent d’une famille dysfonctionnelle. Elles le découvrent plus tard dans leur vie, parfois de manière accidentelle, quand elles ont à faire face à leurs problèmes relationnels et leurs addictions. C’est le cas de Stéphanie : 

En apparence, Stéphanie semble avoir une relation très positive, même fusionnelle avec son père, qu’elle décrit comme étant drôle, séduisant et très charismatique. Lui l’adore en retour et s’il aime Stéphanie autant que sa sœur, Stéphanie est clairement sa préférée. En revanche, la relation de Stéphanie avec sa mère n’est pas aussi positive. Pour elle, si son père est drôle, sa mère est une frustrée. Pour Stéphanie, sa mère est constamment en train de se plaindre de quelque chose, toujours stressée et beaucoup plus exigeante que son père. Elle ne la supporte pas. Elle se rappelle même un jour être partie jusqu’à lui dire qu’elle la haïssait.   

Stéphanie avait 11 ans quand ses parents ont divorcé. Depuis leur divorce, elle et sa sœur ont vécu avec leur mère et leur beau-père, et visité leur père pendant les WE et les vacances. 

Stéphanie a grandi avec des parents qui se disputaient constamment devant elle. Comme on peut l’imaginer, être au milieu de leurs fréquentes disputes étaient incroyablement douloureux pour elle. Stéphanie avait besoin de se sentir aimée et protégée par ses parents. Elle avait besoin de se sentir émotionnellement en sécurité, mais les deux n’étaient pas émotionnellement disponibles pour elle.

Ils étaient là, sans être là.

Pour un enfant, cette situation est tellement dévastatrice, qu’il ne peut pas y survivre sans en déformer la réalité.

En plein milieu de ce chaos, Stéphanie avait besoin de se sentir au moins supportée par un de ses parents. Elle avait devant elle un père qui apparaissait calme et détendu, et une mère constamment en colère et frustrée. 

Alors, pour elle, son père avait gagné. 

Le père de Stéphanie était un coureur de jupons.  Elle était au courant des liaisons qu’il avait pendant qu’il était avec sa mère, mais pour elle, son père ne pouvait pas avoir tort. Elle était fière de la popularité que celui-ci avait avec les femmes et en parlait même ouvertement avec lui.

Mais sa relation avec son père n’est pas basée sur la réalité. La relation intense, forte qu’ils ont n’est pas saine.  Son père est en fait un égocentrique, préoccupé par son image et la poursuite des femmes qu’il a pour objectif de mettre dans son lit. 

Pour booster leur égo et obtenir la validation que leur femme ne peut pas leur donner, les hommes comme le père de Stéphanie se tournent vers leur fille innocente et joueuse. Ils donnent une attention inappropriée à leur fille, qui devient dépendante de la relation et idéalise son père au point de le considérer comme un dieu. Dans cette relation, la fille est davantage traitée comme une compagne de jeu ou une maitresse, que comme une fille.

« Ce qui reste inconscient ne se dissout pas, mais plutôt resurgit dans nos vies sous forme de destin ou de fortune » Jung

Il est assez facile de faire le lien entre la réalité déformée que Stéphanie avait à propos de ses parents (l’image) et ses relations désespérées et illusoires (le résultat de leurs projections). 

En tant qu’enfant, elle n’était pas assez mature pour comprendre ce qui était vraiment en train de passer.  Elle n’était pas capable de réfléchir et comprendre que sa mère ne faisait que réagir au comportement de son père.

Quand sa mère a divorcé de lui et avant de se remarier, elle était la seule à subvenir aux besoins de ses filles, alors que leur père faisait faillite. 

Quand Stéphanie et sa sœur passaient le WE chez leur père, il était facile pour lui d’avoir le rôle du père fun, étant donné que leur mère était en mode survie, à faire tout ce qu’elle pouvait pour que ses filles aient un bel avenir. 

Stéphanie n’était pas protégée par sa mère non plus. Malgré le fait qu’elle s’était remariée, la mère de Stéphanie était restée investie dans la guerre contre son ex-mari, incluant sa fille dans ses fréquentes disputes avec lui. 

En tant que femme, Stéphanie a tourné son attention vers des hommes avec qui elle pouvait recréer la relation qu’elle avait avec son père. De cette façon, elle pouvait réussir avec eux là où sa mère avait échoué avec son père.Mais elle était constamment déçue d’eux. Parce que la relation qu’elle recherchait n’existait pas.

Aussi, en refusant de voir les hommes pour qui ils étaient vraiment, Stéphanie pouvait se cacher à elle-même le comportement inadéquat de son père. De cette façon, elle n’avait pas à faire face à la réalité et donc à la douleur profonde qui sommeillait en elle. 

Le schéma relationnel de Stéphanie n’est qu’un schéma parmi tant d’autres. 

L’image qu’on projette sur les hommes dépends de plusieurs paramètres, selon : 

  • Notre genre,
  • L’ordre dans lequel on est né dans notre famille,
  • Notre personnalité,
  • La dynamique relationnelle de nos parents,
  • La personnalité de nos parents,
  • Nos circonstances,
  • Etc…  

Un traumatisme non résolu se manifestera différemment dans nos relations selon l’image qu’on en porte.

Une petite fille dans la même situation que Stéphanie peut prendre le parti de sa mère et rejeter son père. Elle peut être attirée par des hommes à l’opposé de son père (du moins, en apparence).

Une autre fille peut avoir peur d’être contrôlée par un homme et ne jamais se marier. 

Projeter n’est pas une mauvaise chose en soi, et vu qu’on le fait automatiquement, il est inutile d’essayer d’arrêter nos projections sur les autres.

La seule manière, 

…de mettre fin à nos schémas relationnels destructeurs,

…de connaitre des relations plus fluides … 

…c’est de changer l’image qu’on projette sur les hommes. 

Et c’est ce sur quoi nous allons nous pencher dans la suite de cet article, que je vais essayer de publier dans la semaine !! 🙂

* https://www.brucelipton.com/blog/there-way-change-subconscious-patterns

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