Stratégie de rencontres

Comment grandir dans une famille dysfonctionnelle peut impacter ton rapport avec les hommes? (Partie 2)

Ce n’est que lorsqu’on voit nos parents pour ce qu’ils sont, que les illusions qu’on se fait des hommes peuvent commencer à se briser, 

Ce n’est qu’en faisant le deuil du/des parent(s) qu’on n’a jamais eu(s) que nos montagnes russes émotionnelles peuvent cesser,

Ce n’est qu’en acceptant les hommes pour ce qu’ils sont, qu’on peut devenir vraiment libres. 

Dans la première partie de cet article, on a pu voir à travers le cas de Stéphanie comment la projection de l’image qu’on porte de nos parents impacte la façon dont on voit les hommes et nos relations avec eux. On a compris que cette image, qui a été créée pendant notre jeunesse, est basée sur une réalité déformée. Et on a conclu que la seule façon de changer nos schémas relationnels, c’est de changer cette image.

Alors, comment fait-on pour changer l’image qu’on projette sur les hommes ?

Pour moi, cette transformation comporte trois dimensions, que je vais développer dans cet article : 

Si tu veux changer l’image que tu projettes, tu vas devoir :

En être consciente, c.-à-d. démasquer l’histoire qui se cache derrière tes schémas (partie 1)

Régler ce qui n’a pas été résolu avec tes parents (partie 2)

Et reprogrammer ton mental et ton corps (partie 3)  

Cette transformation n’est pas linéaire et sera unique à chaque personne : peut-être que tu vas commencer à t’intéresser à la féminité et faire des recherches sur ce sujet (partie 3) ; tu vas acquérir des nouvelles connaissances sur la psychologie hommes/femmes et tu vas petit à petit faire le lien avec la façon dont les couples fonctionnent dans ta famille (partie 1). 

Et un jour, un événement d’une importance majeure va se produire dans ta vie (partie 1), ce qui va te permettre d’ajouter plus de pièces au puzzle et te faire réaliser que tu as des choses non résolues avec un de tes parents (partie 2). Tu vas vouloir en apprendre plus sur les dynamiques familiales (partie 3), ce qui va t’amener à comprendre comment la façon dont tu as été éduquée impacte tes relations avec les hommes (partie 1). Ce qui va t’amener à réaliser que tu as un travail de pardon à faire (partie 2), etc…

Cette transformation se présente aussi en plusieurs couches ; plus tu progresses, plus tu vas acquérir une compréhension plus profonde de toi et des autres, et plus tu vas avoir à faire face à des challenges plus difficiles.

C’est un chemin difficile, qui requiert une bonne dose de courage et d’humilité. Parfois, tu vas juste vouloir tout laisser tomber. 

Sache que le chemin en vaut la peine et que les récompenses valent les efforts qui te seront demandés. 

     1. Découvre l’histoire qui se cache derrière tes schémas 

Comme pour Stéphanie, il y a une histoire derrière tes schémas. Cette histoire fait le lien entre l’image que tu projettes sur les hommes et le résultat de cette projection, qui est ton schéma relationnel. L’histoire est déjà là, mais elle est couverte et la seule chose que tu peux voir, c’est la partie émergée de l’iceberg = tes symptômes.

Si les transformations se présentent différemment pour chaque personne, elles ont toutes une chose en commun : elles commencent avec des symptômes.

Les gens qui sont satisfaits de leur vie/situation ne veulent pas changer. Généralement, on veut changer quand quelque chose ne va pas, et dans notre cas comme dans le cas de Stephanie, quand nos relations avec les hommes ne sont pas satisfaisantes. Les symptômes de nos problèmes irrésolus se manifestent à travers une rupture dévastatrice, une addiction qu’on n’arrive plus à gérer ou peut être une maladie. Ils peuvent être nos meilleurs alliés si on décide de les suivre. Mais dans la plupart des cas, on choisit de dissocier : 

Pourquoi ?

Parce qu’on essaie de se protéger contre notre douleur. Le déni est un mécanisme inconscient destiné à nous protéger contre le deuil inévitable qu’on aura à faire si on décide de faire face à la vérité. Mais tout ce qui est trop difficile à traiter ne disparait pas. Si on ne fait pas le travail, on continuera à expérimenter les mêmes schémas, encore et encore.

Alors, comment briser le déni ?

En posant l’intention de faire face à la vérité et en étant ouverte à recevoir les signes. Il y a des signes qui sont déjà là et d’autres qui vont arriver dans le futur. Chaque signe qui vient à toi est comme la pièce d’un puzzle qui s’ajoute à toutes les pièces que tu as déjà à propos de toi et de ta famille. A chaque fois que tu auras un nouveau signe, tu seras capable de faire des liens et de découvrir un peu plus de ton histoire. Et un jour, tu trouveras devant toi le puzzle tout entier rassemblé.  

Pose ton intention 

Cette intention prend la forme d’un pacte que tu fais avec toi-même. Que peu importe ce à quoi ressemble la vérité, tu es prête à l’affronter. Tu sais qu’en restant dans le déni, tu te destines à ressentir une souffrance pire que celle que tu devrais ressentir si tu décidais de faire face à la réalité. Dans une de ses vidéos, Lisa A Romano a utilisé une très bonne analogie pour décrire ce dilemme : c’est comme si tu devais choisir entre bruler au troisième ou au deuxième degré. Dans les deux cas, tu vas souffrir mais tu sais que si tu choisis la première option, tu seras condamnée alors que si tu choisis la seconde, tu vas survivre et guérir tes blessures. 

D’une certaine façon, ce pacte va te faire te sentir en sécurité et va t’aider à baisser tes barrières psychologiques. Tu sais que la douleur est temporaire et qu’elle fera de la place pour les relations et la vie que tu as toujours voulue. Tu sais que ce chemin a pour objectif de te libérer. De te faire te sentir plus présente et ouverte à toi-même et aux autres.  

Sois prête à recevoir les signes qui vont venir à toi 

Une fois que tu as posé l’intention de faire face à la vérité, sois ouverte à la recevoir. 

Fais de la place pour les signes qui vont venir à toi. Ils ne viendront pas de la façon dont tu le prévois mais ils vont venir, ça c’est sûre. 

Pour être sûre de les reconnaitre et les comprendre, il est très important de pratiquer l’introspection : 

     D’être capable de prendre du recul,

     D’être simultanément l’observateur et l’observé.

Comprends que chaque information que tu traites te distrait et te coûte en énergie. Sois très intentionnelle à propos de ce qui entre dans ton cerveau. Faire le vide dans ton espace physique et dans ton cercle relationnel t’aidera à centrer ton esprit.

Plus tu pratiques l’introspection, plus vite tu seras capable de faire des liens.

Fais les liens

Accorde une attention particulière : 

  Au point commun entre toutes tes relations avec des hommes

Tes partenaires romantiques mais aussi tes relations professionnelles, amicales et familiales.

L’histoire que les femmes de ta famille te racontent depuis que tu es toute petite 

Il a une histoire sur les hommes. Une histoire qui a probablement voyagé de génération en génération dans ta famille, et qui, par répétition, t’a été transmise et est devenue la tienne. 

Quelle est cette histoire ?

  • Comment les femmes de ta famille perçoivent-elles les hommes ?
  • Quelle est leur définition de la féminité ?
  • Sont-elles insatisfaites de leurs maris ? 
  • Les hommes sont-ils blâmés pour tout ce qui ne va pas ?
  • Font elles confiance aux hommes ?

Ton histoire familiale, la vraie :

Il y a l’histoire officielle et il y a l’histoire officieuse, qui se trouve être celle qui détient la vérité. Celle-ci contient tous les secrets, les addictions, les doubles vies, les vraies raisons derrière les mariages/divorces. Les sujets sensibles de la famille sont rarement abordés à table. Tes parents ne vont surement pas te révéler leur histoire, surtout si eux même n’en sont pas pleinement conscients. 

Tu n’as pas besoin de connaitre tous les détails. Si tu as posé ton intention et créé l’espace, l’information dont tu as besoin va venir à toi à un moment ou un autre, d’une façon ou d’une autre. 

Prête attention aux commentaires que les gens en dehors de ta famille proche font à propos de ta famille, parce que ceux-ci sont très précieux. Ils peuvent être faits par quelqu’un qui fait partie de ta famille lointaine, ou l’ex d’un/une de tes grands parents / oncles / tantes, un ami de la famille, etc…Généralement, ces commentaires ont une saveur toute particulière, celle de la vérité. Ils décrivent une relation, une situation, la personnalité de quelqu’un, d’une manière très différente de ce que tu as l’habitude d’entendre. Ces commentaires te surprendront et resteront dans un coin de ta tête, comme une pièce de puzzle attendant de trouver sa place. 

Mettre des mots sur l’image que tu projettes sur les hommes est un processus extrêmement libérateur. C’est comme si tu avais vécu ta vie tout entière avec une vision floue jusqu’ à ce que quelqu’un arrive et te donne une paire de lunettes correctrice. Une fois que tu démasqueras l’histoire derrière tes schémas, tu pourras enfin faire sens de toutes les expériences que tu as jusque-là eues avec les hommes.

Ton histoire te permettra de faire le deuil. Elle t’autorisera à canaliser ta rage et sentir ta peine.

Tu n’étais pas folle et ton corps savait tout, tout ce temps.

Toutes les émotions fortes que tu avais réprimées jusque-là avaient un but défini et étaient là pour te guider vers la vérité.

Tu trouveras que les adjectifs que tu utilisais pour décrire tes relations avec les hommes s’appliquent en fait à ton/tes parent(s).

Tout était là, inconscient, jusqu’à ce que tu sois prête à le rendre conscient.

        2. Résous tes problèmes avec tes parents

Aussi contre intuitif que cela puisse paraitre, on ne peut pas avoir des relations épanouissantes avec les hommes si on ressent de la rancœur envers nos parents. On continuera à répéter nos schémas relationnels, aussi longtemps qu’on se considèrera comme une victime de nos parents. Ca ne veut pas dire qu’on doit être en contact avec eux s’ils sont trop toxiques pour nous. Il se peut même que nos parents soient décédés. Ca ne veut pas non plus dire qu’on doit oublier ce qu’il s’est passé ou leur donner des excuses pour n’importe quel comportement inapproprié. Pour moi, être en paix avec ses parents, c’est voir et accepter le passé comme il est et abandonner l’espoir de recevoir d’eux ce qu’ils ne nous ont jamais donné. C’est être capable de, simultanément, les tenir responsables, s’ouvrir à ce qu’ils avaient à nous donner, tout en s’assurant qu’on ne prenne pas parti.

Tenir nos parents responsables pour leur comportement

Peu importe ce qu’il est arrivé à nos parents durant leur enfance, on est arrivés dans ce monde, comme tous les êtres humains, avec le droit d’être aimé et pris en charge physiquement autant qu’émotionnellement. Aussi douloureux que cela puisse être, il est très important de faire face à la réalité et de reconnaitre le manquement qu’ils ont eu à leur devoir ; 

Dans le cas de Stéphanie, ses deux parents l’ont émotionnellement abandonnée. Son père, avec son addiction aux autres femmes et sa mère, en étant émotionnellement absente et en l’incluant dans ses disputes avec son mari.

Cette partie ne peut pas être sautée. Beaucoup de personnes se sentent coupables de tenir leurs parents responsables. Elles préfèrent penser « que leur parents ont fait du mieux qu’ils pouvaient ». Mais le refus de reconnaitre ce qu’il s’est vraiment passé fera surface à travers d’autres relations dans lesquelles elles donneront les mêmes excuses à une personne abusive.

Il ne s’agit pas de blâmer ou juger nos parents. On n’a même pas besoin de les confronter. Il s’agit de valider notre propre expérience et comprendre qu’on mérite que quelqu’un prenne soin de nous, même si nos parents n’étaient pas disponibles pour nous. 

Notre rôle n’était et n’est toujours pas de prendre soin des besoins émotionnels de nos parents. On ne pouvait pas et on n’était pas supposées donner à nos parents ce qu’eux étaient censés nous donner. Quand on accepte de reconnaitre la responsabilité de nos parents, on abandonne aussi l’espoir qu’on avait de recevoir d’eux ce qu’ils ne nous ont pas donné. Cela nous fait réaliser qu’on devra vivre avec ce vide toute notre vie et qu’il est inutile d’attendre des hommes qu’ils satisfassent nos besoins non satisfaits pendant l’enfance. Ce n’est qu’en faisant le deuil de ce qu’on n’a pas reçu pendant notre enfance, qu’on peut entrer dans nos relations adultes en tant que femme et non petite fille. 

           Recevoir ce qui t’a été donné

J’ai découvert ce concept dans l’excellent livre de Mark Wollyn « It didn’t start with you », dans lequel il explique que notre capacité à recevoir de la vie est directement lié à notre capacité à recevoir ce que nos parents avaient à nous donner.

En effet, nos parents nous ont donné ce qu’ils avaient à nous donner. Ils ne pouvaient pas nous donner quelque chose qu’eux même n’avaient pas. Ils nous ont éduqué de la même façon qu’eux même avaient été éduqués…en mieux. Généralement, les parents veulent toujours donner plus à leurs enfants que ce qui leur a été donné à eux. Nos parents ont probablement voulu nous donner ce qu’eux même n’avaient pas eu, mais ils n’ont pas réalisé le travail qu’ils auraient à faire pour être capables de donner une éducation saine à leurs enfants. 

Le besoin de femmes que le père de Stéphanie avait était une addiction. En comprenant l’addiction de son père, Stéphanie ne peut pas changer sa relation avec lui, mais elle peut changer sa perspective. Quand quelqu’un a une addiction, celle-ci devient sa priorité. Il est dans une relation avec elle et ne peut pas détacher son attention d’elle. La distance émotionnelle du père de Stéphanie n’était pas dirigée vers elle personnellement. Il n’a pas pris soin d’elle comme il était supposé le faire, mais il lui a donné ce qu’il avait à lui donner. 

Ne pas prendre parti

Souvent, comme Stephanie, on a tendance à idéaliser un de nos parents pendant qu’on blâme ou juge l’autre. Dans son livre, Mark Wollyn écrit que « quand on monte un parent contre l’autre, on va contre la source de notre propre existence, et on crée inconsciemment une rupture à l’intérieur de nous-même. On oublie qu’une moitié de nous-même vient de notre mère et qu’une autre vient de notre père ». Ce qu’il se passe dans cette situation, c’est qu’on se sent coupable de trahir un de nos parents et on essaie inconsciemment de lui être loyal en nous mariant à quelqu’un comme lui/elle, ou en répétant sa souffrance. 

En apparence, Stéphanie apparaissait loyal à son père, mais en fait, elle s’est mariée à un homme émotionnellement non disponible, tout comme sa mère s’était mariée à son père.

Etre en paix avec tes parents est un cadeau que tu te fais à toi-même. C’est ce qui te permettra de mettre en place les limites qui sont bonnes pour toi, avec eux mais aussi avec les hommes avec qui tu es en relation. Quand on a des histoires non réglées avec nos parents, on a une certaine culpabilité et loyauté qu’on projette inconsciemment sur les hommes, à travers notre comportement et les choix qu’on fait. On attire des personnes qui appuient sur une blessure particulière qui attendait d’être guérie. A partir du moment où on s’occupe de cette blessure et qu’on se consacre à la guérir, on devient plus sereine et comme par magie, on commence à attirer des expériences totalement différentes.

3. Donne-toi ce qui ne t’a pas été donné

Etre consciente de la façon dont tu as été programmée n’est pas tout. Supposons que tu veuilles être une entrepreneure mais que tu viens d’une famille de salariés. Tu as sûrement été programmée pour être une salariée. Etre consciente de ce qui t’a été transmis est seulement la première étape. Tu vas devoir apprendre par toi-même comment penser, sentir et agir comme un entrepreneur. Il en va de même pour ta relation avec les hommes. 

A un moment donné, tu devras te poser et répondre à cette question : 

Si un homme ne peut pas se substituer au parent que je n’ai jamais eu, alors, qu’est-ce qu’il peut être pour moi ?

Pour créer une nouvelle image à projeter sur les hommes, tu devras t’éduquer sur la psychologie féminine/ masculine, et pratiquer tes nouvelles connaissances. 

Cette partie est aussi importante que les deux précédentes mais je ne vais pas la développer ici, puisque je le fais dans d’autres articles, qui sont beaucoup plus « tactiques », comme :

A la rencontre d’un homme ancré, masculin

Les hommes sont ils vraiment intimidés par les femmes indépendantes et ambitieuses ?

Pourquoi dit-il une chose et fait-il son contraire ?

Il existe aussi beaucoup de livres qui peuvent te donner des informations utiles.

Je recommande vivement « Getting to I do », de Pat Allen, 

« The wild woman’s way » de Michaela Boehm est très bien aussi. J’en ai fait la chronique dans cet article.

Le savoir donne de la puissance à notre intuition.

Dans une famille saine, les petites filles apprennent ce que s’aimer en premier veut dire pour une femme et comment ça se manifeste dans une relation. Si ça ne t’a pas été enseigné, tu peux toujours l’apprendre par toi-même.

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